Le jeu de l'Ange


Auteur : Carlos Ruiz Zafon
Édition Pocket


Ma note : 3/5


"Barcelone, années 1920. David Martin, dix-sept ans, travaille au journal La Voz de la Industria. Son existence bascule un soir de crise au journal : il faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste dominical. Sur les conseils de Pedro Vidal, chroniqueur à ses heures, David est choisi. Son feuilleton rencontre un immense succès et, pour la première fois, David est payé pour ce qu'il aime le plus au monde : écrire."



Après quelques mois passés sur mon étagère à prendre la poussière, j’ai enfin pris le temps de lire ce roman dont on m’a souvent parlé sur les forums de lecture. Je ne regrette pas ce choix, même si ce livre ne se révèle pas être un coup de cœur comme je pouvais m'y attendre, j'ai passé un très bon moment. 

Après plusieurs romans Bit-Lit , dont les lignes sont très facile à lire, j’ai eu un peu de mal au départ pour m’habituer au style de l’auteur, qui est particulièrement travaillé et généreux dans ses descriptions…parfois trop. Pourtant après quelques chapitres je me suis laissée emportée par les mots de Carlos Ruiz Zafon, suivant son personnage dans sa quête d’écriture comme l’annonce la quatrième de couverture. J’avoue que j’ai cependant sauté quelques lignes, parfois, pour ne pas perdre le fil de l’action quand elle arrive enfin.

L’intrigue est vraiment très intéressante, bien menée, parfaitement crédible et je me suis plusieurs fois demandé si David vivait vraiment une histoire fantastique aux mains de démons noirs ou s’il perdait complètement la raison… Même dans les dernières pages le doute est possible. J’adore ça !

Le personnage de David est énormément détaillé sur le plan psychologique. On connait toute son histoire personnelle et les sentiments qui en découlent, de sa naissance à sa «mort », en passant par ses années de travaille acharné puis ses périodes de mélancolie et de doutes. Un vrai régal puisque le personnage est vraiment aboutit et que l’auteur ne nous laisse pas sur notre faim en explorant de long en large sa personnalité. Les hommes et les femmes, amis et ennemis de David, sont eux aussi largement présentés, mais dans une moindre mesure cependant. J’ai beaucoup apprécié le personnage d’Isabella, la secrétaire de David, jeune et hyperactive qui insuffle de la vie dans les chapitres, mais aussi le vieux libraire ami de toujours et d’une fidélité sans faille à notre héros.

Un roman que vous conseille si vous recherchez une lecture prenante, un style travaillé et approfondit ainsi qu’une intrigue mêlant le fantastique à la folie humaine. Passez votre chemin cependant, si vous pensez trouver un roman simple pour lire sur la plage.

Quelques citation de ce livre:

" - Je ne peux pas mourir Docteur. Pas tout de suite. J'ai des choses à faire. Après, j'aurai toute la vie pour mourir."

"Isabella, si tu veux réellement te consacrer à écrire, ou tout au moins à écrire pour que d'autre te lisent, il va falloir que tu t'habitues à ce que parfois les autres t'ignorent, t'insultent, te méprisent et, presque toujours, te montrent de l'indifférence. Ça fait partit des charmes du métier. "

"L'inspiration vient quand on pose ses coudes sur la table et son derrière sur la chaise, et que l'on commence à transpirer. Choisis un sujet, une idée, et passe ta cervelle au presse citron jusqu’à ce qu'elle te fasse mal. C'est ça, l'inspiration."

"Je me remis au travail le septième jour. J'attendis minuit et m'assis à ma table de travail. Une page blanche dans le rouleau de la vieille Underwood et la ville noire derrière les fenêtres. Les mots et les images jaillirent de mes mains comme si elles avaient rageusement attendu dans la prison de mon âme. Les pages se succédaient sans conscience ni mesure, sans autre volonté que celle de subjuguer et d'empoisonner mes et mes sentiments. Je ne pensais plus au patron, à sa récompense ou à ses exigences. Pour la première fois de ma vie, j’écrivais pour moi et pour personne d'autre. J’écrivais pour mettre le feu au monde et brûler avec lui. Je travaillai toues les nuits jusqu’à épuisement. Je tapai sur les touches de la machine jusqu’à ce que mes doigts saignent et que la fièvre me voile la vue."

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